Après avoir ouvert le bal, en 2016, avec un premier colloque consacré à lâ(ir)responsabilité de lâartiste, les Beaux-Arts de Paris ont organisé une nouvelle rencontre, toujours coordonnée par Kathy Alliou â chef du département Développement scientifique et culturel de lâécole â, qui, cette fois-ci, sâintéressait à la valeur de lâart. Beaucoup sont anciens ou disparues, mais contribuent à l’état du terme « art » en français. L’édition de l’émission Philosophie d’Arte sur l’art (2012). La conscience suffit-elle à définir l'homme ? L'art est synonyme de technique (cf. Dans l’Antiquité, l’art visait à exprimer la Beauté et les conceptions philosophiques sont très différentes.
Mais ne serait-ce pas oublier un peu vite que le monde de lâart contemporain fonctionne entièrement en réseaux interconnectés ? Elle se préoccupe de la fonction de l’art. Il partait en effet du principe que lâon attend souvent de lâAutre quâil détermine ce qui est désirable et ce qui ne lâest pas. Bien que dominés par une logique de la demande, les marchés privés de l’art offrent quantité d’œuvres de grande valeur artistique. L’art en valeurs. CONNAÃTRE SON CONTEXTE Aucun au fond. Mais également des conseils pour bien vendre votre peinture ou oeuvre d'art chez un professionnel, en faisant appel notamment à un expert en estimation d'art qui saura donner la bonne valeur marchande à votre bien. En parfait écho à ces discours, Clélia Zernik, professeure de philosophie de lâart aux Beaux-Arts de Paris, rappelait les normes quâont pu fixer certains philosophes, la valeur nâallant pas de soi. Tout comme en 2016, des intervenants dâhorizons différents ont été invités à débattre de ces interrogations : artistes, critiques, philosophes, acteurs du marché de lâart, institutionnels et sociologue, originaires de France, des Ãtats-Unis, de Chine, Russie, Suisse, Serbie ou encore du Nigeria. Comme l’œuvre artistique n’a pas d’utilité matérielle, elle n’a de valeur économique que par rapport à des valeurs de distinction socio-culturelle. La notion de valeur est souvent utilisée au pluriel. Ce colloque venait-il démontrer à quel point elle avait perdu de son influence ? L’art est par essence affirmation, bénédiction, divinisation de l’existence” (La Volonté de Puissance) – L’art selon Heidegger :”L’essence de l’art, c’est la vérité se mettant elle-même en oeuvre” (Chemins qui ne mènent nulle part) Lâenjeu affiché était dâouvrir la réflexion sur la pluralité de cette notion : valeur esthétique ou symbolique, mais aussi valeur sociale ou encore économique. Disséminée dans certaines interventions, centrale dans dâautres, cette idée a, elle aussi, été quasi omniprésente. L’oeuvre d’art est une forme d’expression plus complète peut-être, humainement plus profonde, que l’expression verbale; elle appelle de la part du spectateur, un engagement dans l’ordre du sentiment, dont certains esthéticiens modernes pensent pouvoir dégager les lois ou les “catégories”. L'Antiquité n'a jamais cesser d'inspirer les artistes modernes et contemporains, lesquels se nourrissent notamment de l'art grec et romain surtout depuis les années 1970. … Dans ce texte, Joséphine est une souris qui pense quâelle chante alors quâelle ne fait que couiner. A travers, l’Antiquité l’art visait à exprimer la Beauté. C’est l’occasion pour Hegel de distinguer le comique (qui montre l’absence de valeur de ce qui n’en a pas) de l’ironique (qui nie une valeur existante, soit l’autodestruction du magnifique, du grand et de l’excellent ). Après une première édition sur le thème de «L’IRRESPONSABILITÉ de l’Artiste » en 2016, Les Beaux Arts poursuivent leurs colloques internationaux thématisés qui offrent une tribune à des personnalités d’horizons différents, incarnant des visions et des expériences singulières. Catherine David, directrice du pôle Recherche et mondialisation du Centre Pompidou, et Bernard Blistène ont tous deux insisté sur lâimportance du temps dans les processus de reconnaissance dâune Åuvre : celui du recul que permet lâHistoire, à plus ou moins long terme, mais également celui que requiert la connaissance dâune Åuvre et de son contexte. Au-delà de lâimpact social comme critère â qui était mis en avant par Andreï Erofeev â, câest lâexplicitation et le déploiement du monde qui sont ici défendus, prenant la vérité de ce dernier pour nouvelle valeur. Cécile Bernard témoignait du fait quâelles sont même présentes de nos jours, aux côtés des galeries, sur le premier marché, en contact direct avec certains artistes. Après la parution, en mars dernier, du nouvel ouvrage de la sociologue Nathalie Heinich, intitulé Des valeurs.Une approche sociologique (Gallimard, coll. Ce deuxième colloque sâest avéré moins inégal et encore plus fructueux que le précédent. En particulier le sens (1), sans lequel on ne comprendrait pas certaines oppositions (Art / Nature). Elle relierait aussi la raison aux sentiments. Lâartiste Monte Laster, avec son association FACE, illustrait bien cette logique lorsquâil évoquait sa propre pratique quâil qualifie dâ« art participatif » ou de « sculpture sociale » â de grands projets collaboratifs, axés sur le processus créatif â qui est une manière pour lui de lutter contre les dérives de la société et du monde de lâart. Définir l’art, ne va pas de soi et la philosophie ne sait pas ce qu’est l’art. Problème : beaucoup d’entre eux sont à la fois inusités… et présents dans la langue. Freud, Métapsychologie : l'hypothèse de l'inconscient (1) Russel, Problèmes de philosophie : La valeur de la philosophie; Suis-je ce que j'ai conscience d'être ? Elle citait par exemple David Hume qui, au 18e siècle, parlait dâune « norme du goût » qui pouvait être atteinte par lâexpérience : expérience de lâHistoire qui définit, dans la durée, ce qui a de la valeur et ce qui nâen a pas, et expérience des « connaisseurs », alliant « délicatesse de perception », expertise et absence de préjugés. La question de la valeur est décidément au centre de la réflexion. Penser en valeur consiste à ne penser une chose que sous l'angle de son évaluation autrement dit « à l'une et en fonction de quelque chose d'autre »1. Kant a cherché à fonder l’objectivité de l’art (“est beau ce qui plaît universellement sans concept“, Critique de la Faculté de Juger). Ãtrangement â et câest finalement lâintérêt de ce colloque â, il nâa pas tant été question de ces processus. Face à la complexité de la notion de valeur, ces derniers nâont pas hésité à sâappuyer sur des exemples concrets, tout en émaillant leurs propos de références philosophiques et littéraires auxquelles se raccrocher. Comme la science. Alors comment trouver une définition acceptable pour tous ? L'artiste n'est pas fondamentalement distingué du technicien, ou de l'artisan. Décalant et complétant le point de vue, la pensée chinoise est venue renforcer cette dimension « existentielle » de lâart. Bernard Blistène, actuel directeur du Musée national dâart moderne-Centre de création industrielle au Centre Pompidou, a également fait référence à des artistes interrogeant la notion de valeur dans leurs Åuvres. G. Sorel. La collection La Vie des Idées, tout comme l’excellent magazine en ligne auquel elle est associée, offre au grand public un accès privilégié aux débats contemporains qui animent les sciences humaines et sociales. Il correspond à tout ce qui n’aurait pas existé sans l’action de l’homme. La question de la valeur est décidément au centre de la réflexion. L’art ne doit être beau, mais plutôt authentique. L’art fait partie des procédés appliqués par l’homme depuis longtemps comme moyen d'exprimer ses sentiments. Le terme désigne à la fois la technique (l'art culinaire, l'art militaire, etc.) Parler de valeur c'est « chercher ce qui vaut » et ainsi poser le problème de l'action et de son fondement légitime. L’idée de base est que l’art s’oppose à la nature, à ce qui est produit sans l’intervention de l’homme. Le but de l'art, c'est de produire aux regards une représentation de l'esprit. Dâune certaine manière, la rencontre revenait ainsi, par dâautres biais, sur la question quâavait posée le colloque de lâan passé, comme pour mieux y répondre. Ainsi l'artiste est un homme qui fait son métier, comme le boulanger. Il dénonçait ainsi le « narcissisme » dâun milieu de lâart contemporain replié sur lui-même, faisant diversion au lieu de faire subversion. Voilà une interrogation universelle. Deux stratégies sâoffrent donc aux créateurs : prendre la population et le pouvoir comme des ennemis à combattre â câest le cas de Pavlenski â ou, au contraire, cohabiter et tenter dâétablir un dialogue â dans le cas des Pussy Riots. Sur antic-art.com vous trouverez toutes les bonnes adresses de musées et de galeries d'Art à travers le monde entier. Il évoquait, pour sa part, le « génie » comme critère de choix. L’Art est spirituel et en un sens immortel, l’œuvre d'art est supérieure à tout être de la nature. Selon lui, lâactuelle perte de repères nous mettrait finalement face à notre propre responsabilité. Après la parution, en mars dernier, du nouvel ouvrage de la sociologue Nathalie Heinich, intitulé Des valeurs. Mais le concept d’art hérite de l’histoire du mot. ; Cette émission pose le problème du génie de la production artistique. Revue de Métaphysique et de Morale 9 (3):251 - 278 (1901) ... Annales de la Philosophie En Procès / Yearbook of Philosophy in Process 1:137-158. Une approche sociologique (Gallimard, coll. Désolé, le formulaire de commentaire est fermé pour l'instant. Bernard Blistène rappelait ainsi que Marcel Duchamp, à travers ses ready made, voulait que sa vie soit sa plus belle Åuvre dâart. Étymologiquement parlé, l’art est un mot ancien qui a plusieurs sens. Lâenjeu est ici affaire de résonance. Chapter seven (“Les arts, source de plaisir et d’émotion”, 187-213) focuses on aesthetic pleasure, passions and emotions: Z.’s discussion is not without merits, but it is less precise and informative than Richard Sorabji’s recent treatment of this topic. à coup sûr, la question mériterait dâêtre posée dans un prochain colloque. 28 Des « attitudes fondamentalement différentes en face de l’univers » nous amènent à la théorie des valeurs que doit prendre en compte la science de l’art, autant que la philosophie de la culture, si elle se ressaisit pour penser ses problèmes d’une manière cohérente sans s’arrêter à des moments particuliers de … Le sous-titre du colloque pourrait être : Artistique, esthétique, marchande, absente, morale, politique, historique… la valeur dans tous ses états. Marcel Duchamp jouait sur la valeur symbolique de lâobjet qui peut être rattachée au point de vue des physiocrates â une école de pensée économique et politique du 18e siècle.